Jour 14 Busan : Ferry Busan-Osaka, embarquer avec Panstar Cruise et quitter la Corée

Plan

JOUR 14

Dernier repas et embarquement sur le ferry

Le dernier jour était arrivé. On ne pouvait pas se lancer dans de trop grands projets, car il fallait être vers 14 h 15 au port de Busan pour embarquer sur un ferry Panstar Cruise à destination d’Osaka, qui passerait de nuit par la mer intérieure du Japon. On a tranquillement préparé nos bagages, puis on est allés manger un dernier repas coréen. On a opté pour une autre spécialité locale, le jjukkumi, le petit poulpe grillé1. Le jjukkumi (쭈꾸미) est une espèce de petit poulpe très courante le long des côtes coréennes. On le fait mariner dans une sauce piquante au gochujang, puis saisir vivement sur le gril, voire, en plus, dans notre cas, flamber au chalumeau. .

Vie à bord et expérience des bains chauds

Vers 16 h 30, on marchait le long du pont d’embarquement. J’ai partagé ma cabine avec un jeune Coréen, et A. la sienne avec une jeune Japonaise : la mixité n’était pas autorisée. En posant quelques questions au point d’information, on a développé une sorte d’admiration difficile à expliquer sur le coup pour l’hôtesse charismatique qui se chargeait de répondre aux demandes des passagers. On a vite essayé l’installation sportive, puis on est allés se prélasser dans les bains chauds du bateau. Côté hommes, au début, il n’y avait personne. C’était étonnant d’être seul dans cette pièce. On voyait la mer à travers une grande vitre. Au bout d’un moment, un père extrêmement musclé et son fils sont arrivés. Comme le petit ne voulait pas se doucher avant d’entrer dans le bain chaud, son père a installé son équipement de traque : il s’est posté au milieu de la pièce avec le jet d’eau froide et a mitraillé son petiot, qui tenta en vain de fuir. Une fois mouillé, défait, il s’est résigné à se laver, avant de rejoindre son père dans l’eau d’un pas ferme de boudeur. Il a vite retrouvé le sourire. commentaire de A.2. Côté femme, il y avait un peu de monde mais c’était tranquille, et la vue de l’océan avec la sensation de bain chaud était vraiment top.

Spectacle de l’équipage en soirée

Après le dîner au buffet, les haut-parleurs ont annoncé un événement spécial dans la grande salle de repas. On y est allés par curiosité, un peu comme tout le monde je crois. Pendant vingt longues minutes, un membre de l’équipage s’est installé aux platines ; mais la moyenne d’âge était, je crois, trop élevée pour que ça prenne. Tout le monde écoutait sans bouger. Alors qu’on pensait repartir à la fin de ce moment qui baignait dans la gêne, une bonne partie de l’équipage a déferlé sur la scène pour exécuter une chorégraphie très énergique sur une musique de Céline Dion. Ils ont enchaîné plusieurs morceaux de la sorte, puis c’est l’hôtesse du point d’information qui a pris le micro. Elle chantait vraiment bien, avec un timbre chaud rappelant celui d’Adèle. On était encore plus fans d’elle. Ensuite, un sosie de Psy, le chanteur de Gangnam Style, a tenté de réveiller l’assemblée aux côtés de deux danseuses nettement plus expérimentées et d’un DJ à l’allure décontractée dans ses vêtements amples.

Adieux à la Corée et traversée nocturne

Plus tard, accoudé au bastingage avant de descendre dormir, j’ai regardé la côte de Busan rétrécir et la nuit avaler la mer. Quelque part devant nous s’ouvrait cette mer intérieure (en vrai, j’y voyais rien) que les vieilles estampes du musée nous avaient montrée l’avant-veille3. La mer intérieure de Seto sépare trois des grandes îles japonaises. Le ferry Panstar la traverse de nuit, frôlant le détroit de Kanmon et une enfilade de grands ponts, avant d’atteindre Osaka au matin. C’est, à peu de chose près, la route que suivaient les ambassades coréennes vers Edo. . Eux voyageaient en grand apparat ; nous, en cabine non mixte, entre un set de DJ et un sosie de Psy. C’était rigolo de penser à ça à ce moment-là. commentaire de A.4. Avant d’aller dormir, j’ai voulu me brosser les dents mais il s’avérait que c’était trop tard. Mathieu dormait déjà et c’était lui qui avait le dentifrice. Je me suis alors souvenue que le bain chaud avait des dentifrices à disposition. Je suis donc descendue là-bas, et je suis tombée sur une madame qui avait un petit souci. Elle m’a demandé de l’aide, et avec quelques mimes, j’ai fini par comprendre : elle avait oublié le numéro pour ouvrir son casier avec ses habits. Je suis donc allée en parler à la madame de l’accueil qui a envoyé quelqu’un pour la secourir et ouvrir le casier. Après m’être brossé les dents, je suis retournée tranquillement dodo, toute contente d’arriver le lendemain au Japon.

Arrivée au port d’Osaka et conclusion

Le lendemain matin, on arrivait au Japon, au niveau du port d’Osaka. Ce journal ne peut pas continuer au-delà, même si, d’une certaine manière, les aventures n’ont pas cessé depuis. Le brouillard du premier jour s’est levé, les sauts de pou se sont faits plus assurés, et il me reste, pour les jours qui ont suivi, d’autres paniers de souvenirs à remplir. Mais ce sera, comme on dit, une autre histoire.